Depuis quelques jours, la gestion du maire Abdou Mbacké Ndao est fouillée par des enquêteurs de l’OFNAC. Leur travail est partagé entre auditions, documents à  contre-expertiser, confrontations des sources, recueil d’informations…

À l’origine de cette soudaine enquête, l’on désigne cette lettre de Youssou Babou, ancien adjoint au maire sous feu Iba Guèye et membre de l’association  »Mbacké  Ci Laa Booq  ». Le texte était intitulé à l’époque »  Comptes à rebours : les promesses à l’épreuve des faits.  »

L’enseignant de classe exceptionnelle à la retraite  accusait le maire de  coups fourrés, manœuvres sournoises, spoliations de terres, dépenses fantômes et de vente illégale de biens appartenant à la municipalité.  Nous étions en début octobre 2018.  Voilà tel que ce texte en question a été libellé :

 » Au cours de la campagne des élections locales du 29 juin 2014, menée, au pas de charge, l’actuel maire de Mbacké avait développé un discours, à la limite même populiste qui a, tout de même séduit des segments entiers de population qui expriment une aspiration irrépressible au changement de gouvernance locale.
Un langage, situe, tout à fait aux antipodes de la langue de bois et des cliches stéréotypes, avait attiré au candidat de «  Jamm ag xeewel » un vaste élan de sympathie qui s’est, vite, transforme en un vote à l’allure presque plébiscitaire.
Entre autres propos attractifs, le candidat «  new-look » déclarait : «  sous mon magistère, la CL sera gérée selon des critères de transparence à tous les niveaux. La commune deviendra une maison de verre à travers laquelle tout citoyen, où qu’il puisse se trouver, pourrait entrevoir tout ce qui se fait à l’intérieur.
Je sécuriserai l’argent public du citoyen de manière à ce que le moindre franc, produit de la sueur du contribuable, sera géré et dépensé selon un mode de transparence qui reproduit exactement la traçabilité de la gestion de ressources publiques.
J’aménagerai des dispositions contractuelles de façon à ce que la population puisse exercer ses prérogatives de contrôle citoyen sur les affaires et élus locaux à partir des conseils de quartier et des conseils consultatifs qui serviront de forteresse inexpugnable pour conjurer les dérives autoritaires.
A quelques encablures seulement du renouvellement  des mandats électifs, ce discours lénifiant reste, encore une phraséologie creuse qui a du mal à embrayer sur le réel. Certes, l’alternance est intervenue à la tête de la municipalité, ce qui est déjà, une avancée significative mais, l’alternative aux anciennes politique reste encore une conquête à réaliser.
En d’autres termes, les fruits du 29 juin 2019 n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs du 29 juin 2014.
S’il fallait se référer au compte administratif qui devrait être examiné obligatoirement avec le compte de gestion annuelle, transmis par le comptable public, mais, finalement, retiré du circuit, la gestion du maire de Mbacke a fait l’effet, plutôt d’une bombe à fragmentations qui a tout, ravagé sur son passage.
Le maire de la ville a détroussé du budget de la sante, sans la moindre précaution de style, 5 000 000 (451/6130) consacrés à la maintenance des véhicules du centre de santé.
Débusqué très tôt, grâce  au mouvement citoyen, «  Mbàkke cilaa Bokk »  le maire sert une réplique tirée par les cheveux, selon laquelle «  il a consacré l’enveloppe à la peinture des murs des postes de sante de Diamaguene et Mbacke dimb. »
Le maire de la ville a, également, opéré, d’autorité un coup sombre de  2 000 000 f sur le carburant d’évacuation de sanitaire qui a subi ainsi, une réduction drastique chutant de 5 000 000 à 3 000 000.
Accusé, au détour d’un plateau, à BENNOO FM, par M. Tamsir Diagne, d’avoir subtilisé les fonds de secours (4 000 000 / 313/64510) le premier magistrat fait des aveux circonstanciés :
« J’ai retiré, des mains du comptable de la CL, les fonds de secours dont j’ai confié la garde à la 3em adjointe au maire  Gnaga Kane. »
Et la suite concernant le 509/612. 2 000 000 F (habillement du personnel) les employés municipaux sonnent l’alerte pour n’avoir pas reçu les tenues de travail depuis l’arrivée du nouveau maire.
Au 451/655, concernant  1 000 000 Frs affectes aux besoins en formation des personnels de la sante, le maire prétend avoir réalloué l’enveloppe pour l’acquisition de fournitures de bureau à la demande du médecin chef de district, c’est tout de même surprenant de pour des dépenses qui ont revêtu l’autorité de la chose déjà délibérée.
Au 703/220523, le maire fait cas d’une dépense de 4 100 000 pour la pose de deux bouches d’incendie au marché central. En sa qualité de travailleur au marché, membre de la mouvance politique du maire, le conseiller municipal, Cheikh Diop dément formellement : « il n’existe aucune bouche d’incendie au marché central.»
Au 381/6222 «  curage de canal » le maire a ordonnance une dépense de 7 000 000 frs là où l’équipe précédente prévoyait 700 000 TTC. Interroge par le conseiller municipal Abdou Karim Gueye à propos d’un financement prétendu de 16 000 000 frs pour la mise en place d’un plan communal de développement, le maire nie et parle plutôt d’un concours financier de 2 000 000 frs provenant de l’Union Européenne, sans toute fois, préciser l’usage fait de cet argent.
Sur les fonds de dotation et de concours de 2018, le maire a fait des prévisions de dépenses dont la traçabilité  sur le terrain est sujette à caution. Il s’agit de 7 000 000  frs (mur de clôture) ; 6 000 000 frs (construction de mur de clôture) ; 9 200 000 frs (construction de pavillons sanitaires, 4 00 000 frs (réfection du centre de sante) où les lignes n’ont pas encore bouge, à l’exception d’une peinture à l’eau de la façade de sud et de quelques pans de mur intérieur.
Etant entendu que le conseil municipal n’en sait pas grand choses, que le maire indique alors à la population souveraine la localisation exacte des sites de construction des travaux ?
Que le maire nous édifie également, sur les bases à partir desquelles il a procédé à l’évaluation des coûts des travaux dès lors qu’il n’a pas présenté de devis estimatifs ni même des plans au conseil de la CL comme en disposent des textes du CGCL ?  «  Toutes constructions nouvelles ou reconstructions, pour le compte de la CL doit  faire l’objet de plan et devis mis à la disposition du conseil de la CL.»
Le rapport du maire au foncier est des plus exécrables. L’édile local se comporte comme un véritable Lamane, (propriétaire terrien), qui exerce des attributs de droit divin, en toute impunité, sur les terrains  du domaine national et les réserves foncières qu’il déclassifie, morcelle et cédé comme de petits pains. Et, ce, en violation des dispositions décret 961130 pris en application de la loi 9606 créant la commission d’attribution des terrains domaniaux.
En atteste la levée de boucliers  des élus locaux qui ont vivement proteste, à l’occasion du dernier conseil municipal, contre les abus du maire et contre ses pratiques de spoliations et de prédations foncières sur des terrains et des réserves foncières, sises au CDAF, à Mbacke Dimb, a Mbacke Khewar et au domaine ferroviaire.
Le maire a fait un détournement de pouvoir en déguerpissant, manu militari Mady Diongue, d’un terrain qu’il ( le maire) convoitait dans les emprises immédiates du domaine ferroviaire.
La forfaiture, ainsi, accomplie, le maire se fait conventionner, par le liquidateur du chemin de fer, ledit terrain à propos duquel il a conclu des transactions suspectes avec un homme d’affaires kaolackois pour usage de station-service. « Toute construction nouvelle ou reconstruction ne peut se faire sans la présentation de devis et de plans mis à la disposition du conseil de la CL.
Malgré la délibération de résiliation du contrat frauduleux sur la gare routière, adoptée le 04 février 2015, le maire reconduit, sous la manche, la convention scélérate qui procure au prétendu repreneur une manne financière indue de 24 000 000 frs sans la moindre contre partie  pour le budget de la collectivité locale.
Le maire de la ville dissimule la stricte vérité sur la situation financière de la commune qui accuse un déficit budgétaire de l’ordre de plusieurs dizaines de millions qui plombent durablement son fonctionnement.
Le maire de Mbacke est déclaré persona non grata auprès de la quasi – majorité des entrepreneurs et des fournisseurs qui ont résilié leur contrat pour des arriérés de règlements d’engagements impayés pour cause d’indisponibilité de fonds propres.
La municipalité est panne sèche de carburant nonobstant une dotation annuelle, de 30 000 000 frs ainsi repartie : 313/6130 – cabinet du maire : 10 000 000 frs ; 313/401 – ateliers et garages 20 000 000 frs.
La gestion de cette enveloppe ne laisse la moindre trace au niveau de la comptabilité- matière.
Les rares foyers lumineux existants fonctionnent à feux continus en l’absence d’un contacteur dont le prix (80 000 frs) est, pour le moins, dérisoire rapporte à la prévision de dépenses de 31 000 000 frs pour l’entretien du réseau électrique (421/633715 : 16 000 000 frs et 702/ 221621 : 15 000 000 frs.
Le parc de véhicule de la commune, y compris les véhicules de fonction du maire et de son 1er adjoint, est en souffrance, depuis bientôt un an, chez l’entrepreneur- mécanicien de la mairie qui garde la haute main sur tous les marches et, ce, en dépit des prévisions de dépenses ordonnancées comme suit : carburant  15 000 000 frs (401/63140 ), entretiens véhicules et engins 8 500 000 frs ( 401/633715),pièces et matériel de rechange  8 500 000 frs ( 401/633716 ) ; 221/6303 pneumatiques : 2 000 000 frs ; location de véhicules 15 000 000 frs  ( 391/6304) location matériel de terrassement et engins 10 580 000 frs ( 391 / 6304.)
Si, malgré tout le maire de mbacke ; devait s’en tirer, à si bon compte, on pourrait alors présumer que les dispositions à la base de la radiation du maire de Dakar ne sont que  des prêts à porter ou même des camisoles de force taillées à la mesure d’un adversaire politique dont la candidature donne le tournis  ».

Le maire injoignable n’aurait, selon nos informations cherché à apporter aucune entrave au travail des enquêteurs. Ses proches disent, toutefois, entrevoir dans cette entreprise, la main de quelqu’un qu’ils ne veulent pas encore nommer non sans oublier de s’interroger sur le moment post-électoral choisi pour déclencher la fouille . Affaire à suivre….

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