Le président de la République a bouclé ce lundi 21 octobre sa tournée économique dans le sud du pays. En seulement cinq jours, Macky Sall a pu se rendre dans toutes les régions de la Casamance et son cortège sillonner Ziguinchor, Kolda et Sédhiou.

Dans chacune de ces régions, le chef de l’Etat a, soit inauguré de nouvelles infrastructures, soit lancé des travaux ou visité des chantiers ayant trait pour la majorité au PUDC ou à Promovilles, du nom des programmes d’urgence du Plan Sénégal émergent. Il a lui même rappelé que de 2013 à 2017, son gouvernement n’a pas investi moins de 400 milliards pour 54 projets et compte déployer presque le double les trois prochaines années, pour mettre la Casamance sur orbite. Et partout où il est passé, le chef de la magistrature suprême a eu droit à un accueil chaleureux organisé par ses antennes locales.
Les responsables de la mouvance présidentielle ont certes rivalisé d’ardeur pour lui montrer qu’il a le sud dans sa poche, mais le président passerait complètement à coté s’il pense avoir definitivement mis les « sudistes » dans son escarcelle. Malgré ses réalisations salutaires et les chantiers en cours à Sédhiou, Kolda et Ziguinchor, il ne doit pas manquer de vue que le chômage des jeunes reste un défi majeur à relever y compris dans cette partie du Sénégal.

La seule activité dans laquelle la jeunesse semble tirer son épingle du jeu, c’est le transport urbain via des moto-jakarta. C’est presque devenu une mode. II est rare de se pavaner dans les villes de la Casamance sans pour autant apercevoir une dizaine de jeunes bien assis sur leur taxi-jakarta en train de scruter des passagers qui ne viennent qu’au compte-goutte. Sur leur visage, se lit un désespoir que la reception de nouvelles infrastructures ou de belles promesses n’a pu estomper. Le président s’est aussi rendu dans une région où les jeunes ont besoin de formations qualifiantes pour servir les leurs et leurs pays. C’est peut être là où réside la pertinence de l’Espace numerique ouvert inauguré au deuxieme jour de la tournée. Une initiative à pérenniser pour fixer les bacheliers dans leurs terroirs.

À Marsassoum où il a pourtant lancé les travaux d’un pont d’un coût de 20 milliards, les jeunes ont réclamé « plus d’égard ». C’est le même son de cloche à Kolda. Dans la capitale du Fouladou, des potaches réclament une bibliothèque régionale là où les férus de foot demandent un stade digne de ce nom. Ces besoins exprimés ne sont que la partie emergée de leurs préoccupations. C’est dire que le président a certes marqué de bons points en partageant le quotidien des populations du sud pendant 5 jours, mais le pari est loin d’être gagné.

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