Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) consacré à la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) continue de secouer la République. Il révèle comment une bande de malfaiteurs s’est partagé sans morale des milliards au préjudice de l’Etat.

Le rapport de l’IGF fait ressortir la persistance de pratiques de faux, d’usage de faux et escroquerie sur des deniers publics ayant entrainé un préjudice financier de 517 864 401 FCFA au détriment de l’Etat à travers le Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC). Pratiques commises par le sieur Ibrahima Cissé, gérant de la société Tida et ami intime de Mambaye Niang alors ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et la Construction citoyenne. Cette somme résulte d’un différentiel indument perçu par Ibrahima Cissé. Ce dernier a fait payer à Locafrique la somme de 1.155.738.177 francs CFA en lieu et place des 637.873.776 francs CFA au titre de frais de transit et de transport.

Il faut souligner que Ibrahima Cissé dont la société Tida est spécialisée dans le «commerce de détail hors magasin», comme le précise son Ninea, a bénéficié du contrat de transit et de transport des équipements de Green 2000 destinés au Prodac. Et pour ne pas laisser filer le marché, il s’est rabattu sur une autre société qualifiée en la matière à l’enseigne d’Itaa (International transit Al Amine) pour sous-traiter le marché obtenu sans aucune formalité grâce à Mamina Daffé, coordonnateur national du Prodac et remplaçant de Jean- Pierre Senghor. Le bienheureux Cissé est aussi en situation de concussion car il est le frère de même père que le directeur des opérations du PRODAC, Monsieur Bafodé Cissé, lui aussi ami de Mambaye et ancien agent du parc de Niokolo Koba et chef du domaine agricole communautaire d’Itato (Kédougou).

L’entreprise « Groupement sopriata SaheL industries & Gtpha suarl» qui leur appartiendrait a bénéficié du Prodac d’autres marchés de réalisations de cabines de pompages et d’installation de pompes pour les 5 forages du DAC de Sefa (240 millions) et d’un ordre de virement d’un marché de plus 1 095 000 000 FCFa pour la fourniture d’équipements d’irrigation. Pourtant ce marché avait été annulé par la DCMP !

Le programme des DAC qui, depuis 2014, devait créer 180 000 emplois à terme — du moins, selon le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale de novembre 2014 —, n’en a pas créé plus de 1500 aujourd’hui !

Toujours est-il que la mission de l’IGF recommande la traduction de Ibrahima Cissé devant les tribunaux compétents pour faux, usage de faux et escroquerie sur des deniers publics portant sur un montant de 517 864 401 FCFa.

La journaliste Maïmouna Ndour se sucre avec 63 950 000 FCFA sans prestation

Sur le volet communication, le cabinet conseil 3 M universel a été recruté par le Prodac pour assurer une visibilité au Programme des domaines agricoles communautaires et pour des conseils pour un montant de 63 950 000 FCFA. La gérante dudit cabinet, entendue sur procès-verbal le 20 février 2017, a soutenu avoir été mise en contact avec Locafrique par le ministre de la Jeunesse Mame Mbaye Niang. Ce montant, selon le rapport, lui a été versé sur la base d’une simple facture non datée, non signée et sans cachet. Interrogée sur l’origine de la commande, Maimouna Ndour a prétendu avoir reçu commande directement de Locafrique même si, par ailleurs, celle-ci n’a pas fait l’objet d’une formalisation à travers un contrat.

Mais cette affirmation a été battue en brèche par Khadim Bâ, directeur de Locafrique, lors de son audition. Ainsi selon le rapport, il est constant que c’est le Prodac qui a contracté avec le cabinet 3M universel. Par conséquent, la relation devient publique contrairement aux allégations de Mme Ndour qui veut exciper du caractère privé de l’opération. Selon toujours le rapport de l’IGF, le recours à un cabinet de communication sans le respect d’aucune procédure est injustifié et les prestations prétendument réalisées se prêtent à une mise à concurrence comme l’exige le code des marchés publics.

En l’absence d’éléments probants, l’IGF recommande la restitution par Locafrique des 63 950 000 FCFA payés au cabinet 3M universel en raison non seulement de l’absence de justificatifs mais également de l’inéligibilité de cette dépense à la convention de financement qui le lie à l’Etat. En retour, Locafrique, par le biais d’une action récursoire, pourra obtenir dudit cabinet de Mme Ndour la restitution des sommes perçues.

Mais ce qu’il faut préciser, c’est que le cabinet 3M universel est dirigé par la journaliste Maïmouna Ndour Faye. D’ailleurs, l’on soupçonne Mame Mbaye Niang d’être actionnaire de ce cabinet de communication puisque dans «3 M universel», les 3 M renverraient aux premières lettres de Mame Mbaye et Maïmouna. Dès lors l’on parlerait de conflit d’intérêts. Mais n’allons pas vite en besogne !

Christian SENE / Témoin 

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